La Thorpe Brass

(Août 2002)

Petit weekend de l’autre côté de la frontière pour ce groupe de Tarragone, en Espagne près de Barcelone. Le passage à La Scène à Pau et au Café nous permet de nous familiariser avec ces chevronnés de scène proche de l’esprit Blues Brothers. D’accès facile, La Thorpe Brass prend toujours plaisir de se confesser avec humour sur sa musique, sa vie sur la route, sa philophie de vie très « Thorpe » !!!

Commençons avec la petite histoire du groupe, quelle est-elle ?
L’histoire de La Thorpe Brass a commencé, il y a 7/8 ans. Beaucoup de personnes sont passées dans la formation. Elle fut créee à l’initiative de TITANIC (batterie) et d’ALEX (guitare) car dans la ville de Tarragone il n’existait pas de groupes jouant les styles ska, reggae ou des sons caraïbéens. A la base, le groupe se composé de batterie, guitare et basse et rapidement une section de cuivre fut montée. Cette dernière la Charangua de rue, le style du pays Basque. Mais aujourd’hui, il ne reste plus que le trompettiste dans nos rangs. L’autre jour, nous avons comptabilisé que plus de dix musiciens ont rejoint puis quitté le groupe.
Par la suite, nous avons fait la première maquette sur laquelle nous avons enregistré notre musique influencée par la soul, rub-a-dub, reggae, rock steady, le son caraïbe…Et nous avons donné nos premiers concerts en dehors de Tarragone. Le public a suivi plus par curiosité pour ce que nous faisions que pour la qualité. Puis nous avons été programmé à l’affiche de plusieurs festivals (Dr MARTENS entre autres) avec des stars comme DESMOND DEKKER, RITA MARLEY, U-ROY…Et jusqu’à présent, nous n’avions fait qu’une toute petite incursion en France grâce aux RUDE BOY SYSTEM. Ce fut excellent ! Nous avions déjà joué avec eux en Catalogne, au Pays Basque et à Girone. Nous nous sommes produits à Millau dans un petit festival à la campagne où nous avons apprécié la nourriture ! (rires ), mais surtout le fait de jouer dans un endroit où personne ne nous connaissait sauf le programmateur et de constater que le public accroche, ça fait vraiment plaisir. Car en Espagne, notre type de musique ne fonctionne qu’en Catalogne, il n’existe qu’une zone sur Madrid. En France, le reggae et le ska marchent très bien aussi.

Quelle interprétation doit-on faire du nom de votre groupe ?
Tout a commencé avec un saxophoniste que nous avions au début du groupe. Un jour où nous avions un plan mal «goupillé », il s’est mit à dire que notre section de cuivres était très « THORPE »… « THORPE », c’est un homme qui rate tout ce qu’il entreprend, il ne lui arrive rien de bon. Nous devons assumer l’imperfection de l’individu et tout le monde dans le groupe est très « THORPE », jusqu’aux cuivres ! Au début, ce fut les cuivres qui peinaient le plus jusqu’à devenir une vraie section de vents. A l’inverse, c’est le reste du groupe qui est « THORPE » maintenant ! (rires)

Comment procédez-vous pour les arrangements de vos chansons, en sachant que celle-ci sera mieux sur une rythmique ska, soul ou latin-soul ?
L’idée principale du groupe est de jouer la musique que nous apprécions le plus : boogaloo, soul, reggae, rock steady, ska traditionnel. Sur ces bases, le groupe, durant les 3 ou 4 premières années d’existence, n’a fait que des reprises et des versions. Puis, nous avons crée nos propres compositions. Rapidement, nous avons réalisé un CD single 4 titres comprenant notamment les chansons « I’ll join you later » et « Boum boum ». Il est sorti sur plastic disc, un label barcelonais qui n’existe plus.

Et le nouveau cd vous l’avez enregistré avec TONY TRASH !
Oui. TONY TRASH est l’organisateur du festival ska international « Dr MARTENS ». Il organise aussi d’autres évènements culturels comme le FREAK FESTIVAL !

On peut dire que la Catalogne a une scène ska très active, beaucoup de groupes et de concerts…
Oui, et je crois que tout le mérite revient à SKATALA qui, il y a 15 ans, a voulu faire connaître le ska, un ska adapté à « l’hooliganisme barcelonais » (rires !), avec beaucoup de bases classiques jamaïcaines. Ensuite, sont arrivés les Dr CALYPSO, formé avec 3 ex SKATALA, qui ont posé encore plus les assises de ce mouvement depuis 10 ans. Et c’est devenu très populaire ! Car les gens sont plus nombreux dans les festivals ska-reggae que dans ceux pop-rock !
De la partie de Tarragone dont nous sommes issus, énormément de groupes existent à présent alors qu’il n’y en avait aucun auparavant. Beaucoup ont un répertoire assez élaboré avec un ska très jazz par exemple.
Avec l’arrivée de la THORPE BRASS, on trouve plus de groupes ska à Tarragone qu’à Barcelone. On compte aujourd’hui 8 formations, de jeunes de 17-18 ans, qui ont vraiment de bonnes bases musicales. Et ils jouent bien ! La tendance actuelle semble être que pour les jeunes faire du ska est une manière de s’introduire dans le milieu musical. En Catalogne, c’est la même chose. C’est ce qui s’est passé aussi au Pays Basque avec KORTATU, POTATO ou LA POLLA RDS. Et toujours en dehors des circuits commerciaux.

Parlez-nous un peu plus de votre nouvel et premier long opus.
Il est sorti en avril 2001, c’est une bonne présentation de notre panel musical à base de soul, qu’elle soit nord-américaine, latine ou caraïbéenne.

Quels sont les thèmes que vous abordez ?
On parle de la vie quotidienne. On n’a pas de message politique explicite, sauf pour le titre « Jig Jaga » qui est un hommage à un membre des Black Panthers, qui fut plus qu’un parti politique mais un véritable mouvement social de la race noire aux Etats-Unis : une lutte civile presque une révolution. Il y a eu durant cette période beaucoup d’assassinats de leaders noirs tel que Malcom X. « Jig Jaga » était un homme plein d’espoir avec des désirs de liberté…
« THANK YOU FILIPO » par exemple est un hommage au fondateur du mouvement futuriste Felipe Gonzalez Elinente qui a tenté d’aider les gens à mûrir et à acquérir une personnalité beaucoup plus importante pour créer des choses plus grandes…
Dans le disque, on a mis plusieurs niveaux de critique.

Votre digipack est plus coloré à l’intérieur qu’en couverture, cela signifie-t-il quelque chose ?
Le disque s’appelle « ALL THINGS MOVE » : tout bouge, change rapidement. Sur la couverture, nous avons mis la photo d’un banc sur un bateau, cela donne une image figée alors qu’en réalité c’est en mouvement permanent. Nous revendiquons ce dynamisme, ce mode de vie où tout est susceptible d’arriver. Et c’est en accord avec la vie d’un groupe : les concerts, les déplacements…

Quels sont les projets de LA THORPE BRASS ?
De revenir en France ! Parce qu’on apprécie vraiment l’accueil. On pensait qu’on y mangeait très mal et on a été agréablement surpris ! On a de la chance qu’elle ressemble beaucoup à la notre (rires). Le public ressmble à celui qui nous suit à Tarragone, en Espagne. Oui, vive l’euro ! (rires).
Si on regarde le chemin parcouru de la THORPE BRASS, on se rend compte que nous sommes très lents. On est très actif mais le premier album n’est sorti qu’en 2001. Et ce n’est que maintenant que nous cherchons à tourner plus intensément.

Avez-vous de nouvelles idées ou de nouvelles chansons pour un nouvel album ?
On a des idées bien sûr mais comme notre vie de groupe n’est pas professionnelle, chacun a son travail et ses activités à côté. Delà à préparer un nouveau disque, je dirai que cela se fera petit à petit, car nous sommes avant tout un groupe de scène. Et nous n’avons aucun regret par rapport à ce fonctionnement, il nous convient parfaitement. Acquérir un statut professionnel signifierai de nouveaux départs au sein de la formation, et il n’est pas question pour nous de sortir un nouvel album chaque année. Nous avons certes des objectifs mais on ne peut pas dire que dans les prochains mois on entrera en studio d’enregistrement. Nos objectifs sont plus sur le long terme. La dynamique d’édition d’un disque dépend du marché de la musique. Si tu restes sans rien sortir pendant trois ans, les maisons d’édition et les auditeurs t’oublient. Dans l’esprit de la THORPE BRASS, nous ne voulons pas entrer dans ce system commercial.
Beaucoup de membres du groupe jouent dans d’autres groupes de rumba, jazz…, certains sont professeurs de musique dans une école.

Quels sont les fantasmes de la THORPE BRASS quand ils viennent en France et qu’ils mattent les jeunes filles locales ?
Ah ! les filles tout ça c’est des blagues ! Car nous sommes tous pour la plupart « mariés » (en français dans le texte). Mais quel est l’homme qui n’aime pas les femmes. Et j’ai cru comprendre que les françaises, définitivement, ont l’amour pour chemin principal de leur vie. Et si on dit : « qu’est ce qui est le plus important dans la vie ? C’est l’amour ! » C’est pourquoi, je demande autant si elles veulent en parler avec moi ! (rires).
Le plus gros problème de la THORPE BRASS lorsque nous venons en France est celui de la langue. C’est un obstacle pour les chansons mais pas pour l’interaction avec le public. Quand il ne te comprend pas, il faut s’exprimer en anglais, car c’est une langue populaire en France. Mais le public a l’air de saisir nos blagues, le jeu de scène de notre chanteur, notre caractère latin. On a déjà joué devant un public qui nous insultait en criant « Hijos de puta ! ! ».
Nous sommes contents de voir que 300 à 400 personnes qui ne nous connaissent pas du tout, comme ici au Café Music ou à La Scène, hier à Pau, nous font un bon accueil et chansons après chansons, ce public comprend notre humour et le style musical que nous jouons. C’est comme une conversation qui s’intensifie ! ça nous fait très plaisir car en Catalogne, si un groupe inconnu joue, les gens ne sont pas aussi réceptifs et laissent cet espace entre le bord de la scène et le public très difficile à rompre alors qu’ici nous n’avons pas ressenti cela. Les gens d’ici sont plus ouverts.

Les derniers mots de la fin !
Mesdemoiselles, Mesdames, Messieurs, nous vous apprécions beaucoup ! ! ! Tout s’est très bien passé en France. Nous voulons remercier tous les gens de Pau et de Mont-de-Marsan. Nous sommes satisfaits et cela nous donne envie d’enfoncer plus de portes encore !
Et on mange très bien en France ! ! !

LA THORPE BRASS , « ALL THINGS MOVE »,TONY TRASH RECORDS.

Trompettes : Carlos FOIX, Javi de la SALUD
Saxo ténor : Serafin RUIZ
Trombone : Josep Maria ORELLANA
Petites percussions : Xavi del AMO « PSKA »
Congas : J.F. Gomez MARTOS « VIKI »
Chant et guitare : Pele Viader RAPP
Piano et orgue : Dani R. CURIESES
Guitare : Ferran DOMENECH
Batterie : J. Ma PONT « TITANIC »

Interview réalisée par Toshiba,
Photos concert à Salles Curan août 2002 par Toshiba

Merci la Thorpe Brass.

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